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Chief -Editor Franklin Katunda

Letter to the editor

Interview avec Mme Madeleine Bukasa Tshibangu, une nouvelle graduée


Congoboston: Veuillez vous presenter pour le public. Quel est votre nom, Madame?

Mme Tshibangu: Merci bien CongoBoston, bonjour Franklin. Avant même de me présenter au public, comme vous le demandez, permettez-moi de vous remercier d’abord et de vous féliciter ainsi que toute l’équipe de CongoBoston, pour la qualité du travail que vous abattez. Votre interview est accueilli avec beaucoup d'humilité et reconnaissance de la part de ma modeste famille. Il a toujours été difficile à un individu de faire une présentation cohérente sur soi-même. Néanmoins, je m'en vais vous dire, grosso modo, que je réponds au nom de Madeleine Bukasa-Kazadi. Je suis mariée au Dr. Tshibangu et mère de quatre enfants dont deux filles et deux garcons. Je travaile comme ‘Legal Advocate’ dans une organisation de la banlieue de Boston, et je suis en même temps reconnue et nommée Notaire Public par le Gouverneur de Massachusetts.

Congoboston: Nous venons d'assiter à la ceremonie de votre obtention de diplôme universitaire. Parlez-nous de l’expérience d’une maman ménagère et étudiante à la fois.

Mme Tshibangu: Obtenir un diplôme universitaire est un fait qui apporte toujours de la joie compte-tenu des sacrifices consentis. Mais je tiens à signaler que mon diplôme n’est ni le premier ni le dernier dans notre communauté feminine. Je connais beaucoup de dames congolaises qui sont inscrites dans les universités quelque part; Elles parviennent toujours à s’organiser pour remplir leurs fonctions ménagères et leur devoirs académiques. En effet, c’est vraiment un plaisir que j'ai obtenu mon diplôme de Bachelor of Sciences (BS) au Springfield College avec mention Cum Laude

Congoboston: Comment aviez-vous pu associer effectivement vos devoirs ménagers à la maison et ses études?

Mme Tshibangu: Concilier les études et la vie familiale constituent de nos jours, le dilemme de plusieurs femmes surtout quand on a les enfants; mais si on s’organise je pense qu’il ne se poserait aucun problème. Même si j’allais aux études, il était toujours important pour moi de reconnaitre les rôles et tâches traditionnels que j’ai en temps que femme dans le foyer. Aussi établir la difference entre La famille et les activités hors du foyer, qu'elles soient sociales, professionnelles, scolaires est un principe pour moi. A cet effet et parlant de ce sujet, je pense qu’il est important de reconnaitre et de valoriser le rôle historique de la femme dans la société. Elle a, en sa charge, l'éducation des enfants; elle veille au maintien de son foyer et doit se débarrasser de tous les préjugés.

Congoboston: Vous serez lauréate du prix “Congo Independence Day-Award of Excellence”, offert par Congoboston. Quels sont vos sentiments?

Mme Tshibangu: J'aimerais tout d'abord remercier CongoBoston pour votre décision de m'honorer, ce qui me touche profondément. Mais voudriez-vous m’expliquer ce que c’est le prix “Congo Independence Day-Award of Excellence”?

Congoboston: Oui Madame, chaque 30 juin de l'année, ce qui est la date-anniversaire de l’independence du Congo, nous remettons des prix d'encouragement aux citoyens congolais qui reussissent au College ou au High School de Massachusetts, pendant la période du 30 juin de l’année précedente à la date de remise des prix. La derniere séance s'est tenu à Artesani Park de Brighton, Mass lors du Pic-Nic de célébration de l'Independance du congo en 2003. Voilà pourquoi on l'appelle "Congo Independence Day-Award of Excellence".

Mme Tshibangu: C’est avec grand plaisir que je serai parmi vous ce jour-là pour accepter ce Prix.

Congoboston: Nous avons appris qu’il y a aussi une association des mamans à Boston avec Julie kabukanyi. Quel est avenir des femmes congolaises à l'etranger? Pensez vous travailler en association avec les autres femmes?

Mme Tshibangu: Je suis au courant de cette bonne initiative et j'ai même était invitée à la premiere reunion par Julie kabukanyi. C’est une bonne idée que la femme congolaise prenne conscience de sa responsabilité et du rôle qu'elle doit jouer pour la survie de sa famille et de la société. Une telle association pourrait être utile à tout le monde et jouer un double rôle d’abord en servant de cadre de renforcement des liens d’amitié entre les femmes congolaises de Boston. Le deuxieme avantage est d’assister, d’une maniere generale, les nouveaux-venus dans leur tentative de se créer une nouvelle vie ici aux USA. Prenons ce dernier exemple de nouveaux-venus: Ils doivent, entre autres, se trouver un logement et un emploi, se familiariser avec une société et une culture différentes des leurs; se créer un réseau de nouveaux amis et connaissances et souvent apprendre une nouvelle langue. Au cours de ce cheminement, ils peuvent enregistrer des succès considérables s’ils sont bien guidés. Sinon ils seront en proie à l'aliénation, la solitude, la frustration, la xénophobie et au racisme s’ils sont abandonés à eux-mêmes.

Congoboston: Un message de la fin à toutes les congolaises qui vous liront de
Partout le monde entier, à vos filles et aux jeunes femmes étudiantes?

Mme Tshibangu: Le message est que nous vivons dans une terre étrangere et que les défis sont vraiment énormes. Pour cela, il faut qu'on se serre les coudes pour relever les défis. Chacune, en ce qui la concerne dans son domaine d'expertise, doit apporter sa contribution. Et je suis certaine que nous réussirons. C'est surtout sur cette note d'éspoir et cette ferme conviction que j'invite toutes mes compatriotes congolaises à travailler ensemble afin de relever les défis.

Ne dit on pas que "toute femme est une école; et c’est d’elle que les générations reçoivent vraiment leur croyance”. Longtemps avant que le père songe à l’éducation, la mère donne la sienne, celle qui ne s’effacera jamais. Cette éducation première est un prolongement du don de la vie. L’éducatrice est aussi celle qui transmet la culture. En tant que participante, de manière singulière, au mystère de la création et de la transmission de la vie et la culture dans toutes ses dimensions, la femme est un ressort pour transformation et la libération de notre société.

Congoboston: Au nom de la redaction de Congoboston, je vous addresse mes felicitations pour le diplome et vous remercie également pour ces propos très valeureux; Je sais que ce message nous encourage tous, hommes et femmes du Congo, residents de Massachusetts, dans ce souci de voir l’émancipation du congolais partout où il se trouve.

Mme Tshibangu: C’est à moi de vous remercier pour avoir choisi ma modeste personne pour cette interview. Je remercie également tous ceux qui prendront leur temps à le lire.


Propos recueillis à Methuen, Mass
Par Franklin Katunda

Editeur-en-Chef

© Congoboston, Mai 2004