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Qui est Sekimonio et
quel est
son parti?
1. Congoboston:
Nous vous remercions de
l’opportunité que vous
nous offrez de vous
poser ces
quelques questions pour
le bénéfice de notre
public. Veuillez vous
présenter s’il vous
plait?
Mr. Sekimonyo:
Je m’appelle Sekimonyo
wa Magango. J’ai obtenu
mon PH.D à l’Université
d’Etat de Floride aux
Etats-Unis d’Amérique en
1979. Je suis
actuellement Professeur
au Département de
Démographie de
l’Université de Kinshasa
en congé sabbatique aux
USA. J’ai été Président
de l’Assemblée
Provinciale du Kivu.
J’ai participé à la
Conférence Nationale
Souveraine. J’ai été
membre du Haut Conseil
de la République
Parlement de Transition
(HCRPT)), Ministre de
l’Enseignement
Supérieur, Universitaire
et de la Recherche
Scientifique (ESRS),
Ministre de l
‘Enseignement Primaire,
Secondaire et
Professionnel (EPSP) et
enfin j’ai mené l’action
de création du Parti
Politique « Démocratie
pour le Salut National »
(DSN).
2. Congoboston:
Pouvez-vous nous résumer
ce qui a caractérisé
jusqu'à présent votre
carrière académique et
politique ?
Mr. Sekimonyo :
Sur le plan académique
j’ai contribué à la
formation des étudiants
qui sont eux-mêmes
devenus professeurs
d’université et d’autres
qui sont actuellement
hauts cadres dans les
institutions du pays.
Sur le plan politique
j’ai contribué à la
solution de nombreux
problèmes. Afin d’éviter
d’abuser du temps que
vous m’offrez, je ne
peux en citer que
quelques exemples.
Lorsque l’Assemblée
Provinciale du Kivu a
été frappée par une
crise qui aboutit à la
révocation des membres
de son bureau, la classe
politique du Kivu m’a
proposé au poste de
nouveau Président de
cette institution afin
de rétablir l’ordre, la
crédibilité et
l’harmonie
interethnique. Lorsque
les universités et
instituts supérieurs
avaient été fermés sur
ordre d’un premier
ministre il m’a été
demandé d’accepter le
poste de ministre de
l’ ESRS et de procéder à
la réouverture
systématique de ces
établissements, ce qui
fut fait malgré un
climat de contestation
générale du Gouvernement
dont je faisais parti.
J’ai accedé au
poste du ministre de
l’
EPSP lorsque les
enseignants avaient
déclanché une grève
générale et ai réussi à
négocier avec les
parents la réouverture
des établissements.
Malheureusement
certaines de mes
initiatives ont été
sévèrement réprimées.
C’est le cas d’une
suspension dont j’ai
souffert lorsqu’il fut
reporté que je dénonçais
l’octroi illégal d’une
vaste étendue des terres
au feu Président
Habyarimana du Rwanda par
son homologue Congolais
en territoire de
Walikale au Nord- Kivu
et d’une révocation du
Gouvernement car mon
Parti l' avait, du haut de
la tribune, proclamé la
souveraineté de la
Conférence Nationale.
3. Congoboston :
Nous avons appris que
vous coordonnez les
activités d’implantation
du PPRD. Pouvez-vous
nous parler de ce
Parti ?
Mr. Sekimonyo :
Le Parti du Peuple pour
la Reconstruction et la
Démocratie est né le 31
mars 2002. Son objectif
essentiel est de libérer
le peuple des entraves
qui l’empêchent
d’accéder au
développement. Il prêche
le respect des valeurs
fondamentales
suivantes : l’égalité,
la liberté, la justice
sociale et la solidarité
pour un développement
intégral et durable.
Pour le PPRD ces valeurs
ne peuvent être
sauvegardées que dans le
contexte du respect et
de la défense de
l’intégrité
territoriale, de l’ordre
public, de la stabilité
institutionnelle, des
libertés individuelles ,
de la propriété privée,
du bien commun et d’un
Etat de Droit. Son
organisation est
caractérisée par un
esprit démocratique ou à
chaque niveau la
primauté est donnée aux
élections libres. Afin
de faire prévaloir son
idéologie, sa doctrine
ainsi que le programme
qu’il compte assigner
aux institutions du
pays, le PPRD, à
l’instar de tout parti
politique digne de ce
nom se doit de conquérir
le pouvoir et de le
conserver à travers des
mécanismes
démocratiques. En
conséquence il est
impérieux qu’il se dote
d’une organisation qui
couvre la planète car
il n’existe plus au
monde un seul endroit ou
vous ne retrouvez un
congolais.Les activités
du Parti sont
actuellement supervisées
par un Comite Exécutif
National dirige par un
Secrétaire Général en la
personne de Diemo Chikez.
Le Parti doit encore se
doter d’un Conseil
National, organiser son
Congrès qui sera présidé
par son Président. A
l’intérieur du pays, il
existe des comités
provinciaux et ceux dits
de base dont
l’implantation est
terminée. A l’extérieur,
l’implantation se
poursuit et c’est dans
ce cadre que s’inscrit
notre action au niveau
des Etats-Unis
d’Amérique. Le PPRD est
donc devenu cet
instrument qui ramènera
le pays sur la voie de
la paix et du
développement pour le
bonheur de tous et de
chacun. Je dois
évidemment vous dire
qu’étant un professeur
en congé sabbatique, mon
action se limite à
l’aide à l’implantation
avant de rentrer à mon
Alma Mater, l’Université
de Kinshasa, pour
poursuivre le combat du
PPRD au pays.
Il parle de la politique
au Congo.
4. Congoboston :
La nation congolaise
aujourd’hui souffre de
plusieurs maux, parmi
lesquels les retombées
de la guerre civile.
Quel est votre apport ou
quelles sont vos idées
pour la reconstruction
du Congo?
Mr. Sekimonyo:
Nous n' avons pas raison
si nous ne prennons pas suffisamment
du recul lorsque nous
analysons la situation
de notre pays. Il y a
plus de cent ans les
Etats impérialistes ont
failli déclencher ce
qu’allait être la
première guerre mondiale
lorsque à la recherche
des sources des
matières premières pour
leurs industries
naissantes ils ont
découvert d’énormes
ressources naturelles
dans le bassin du Congo,
approximativement
l’actuelle République
Démocratique du Congo.
Il a fallu la tenue de
la Conférence de Berlin
pour calmer le jeu en
livrant cette partie du
monde à l’exploitation
sauvage ouverte à toutes
les nations. Cette
exploitation a fait le
bonheur de nombreux
pays. Apres
l’indépendance, le jeu a
repris et les congolais
ont été tentés
d’organiser des
sécessions afin de
permettre une fois de
plus une exploitation
facile de nos
ressources. De
nombreuses Conférences
les unes à l’intérieur
du pays les autres à
l’extérieur finirent par
éteindre le feu. Un
Secrétaire Général de
l’ONU y laissa sa vie.
La paix qui s’en est
suivie a facilité le
développement du pays
mais le bonheur ne fut
que d’une courte durée
car il a été dilapidé
par plusieurs mauvaises
décisions politiques et
économiques. Lorsqu’en
1998 il fut constaté que
feu le Président Kabila,
à l’instar de Lumumba,
n’allait pas permettre
une expoitation sauvage
des ressources du pays,
le vieux sentiment de
balkanisation reprit
surface. Des rebellions
parrainées de
l’extérieur naquirent
et une fois de plus il
a fallu de grandes
rencontres nationales et
internationales pour
amorcer un début de
réunification, un
processus mené par des
congolais sous le
patronage des pays qu’on
retrouve sur la liste de
Conférence de Berlin et
des parrains des
sécessions post
indépendance. Ce qui
laisse croire que le
principal mobile de
cette guerre multiforme
etait une fois de plus
la recherche des voies
qui rendraient facile et
peu onéreuse
l’exploitation des
ressources du pays. Fort
de ce qui vient d’être
dit je pense qu’il
faille d’abord
privilégier la création
des conditions d’une
réunification effective
et d’une paix durable,
suivie des élections
libres et totalement
démocratiques d’où il
sortira un Gouvernement
qui mènera le peuple
vers la prospérité. Les
dirigeants de demain
devront avoir toujours à
l’esprit que le pays est
un grenier des
ressources prisées par
tout le monde et
élaborer des politiques
économiques
conséquentes, notamment
une libéralisation
intégrale mais prudente,
c’est-à-dire ou l’Etat a
un rôle déterminant afin
d’éviter que
l’exploitation ne laisse
les fils du pays les
mains vides. La règle du
jeu de l’exploitation
devra garantir que
celle-ci crée des
emplois rémunérateurs et
des richesses réelles.
Ceci devra se refléter
dans nos politiques
économiques, notre
planification, nos
programmes et projets,
ainsi que dans notre
code des
investissements. Il nous
faudra ensuite
promouvoir les valeurs
qui garantissent le
respect de la vie et de
la liberté, le
patriotisme, la
démocratie, le
commandement par le
droit, la solidarité
nationale et la
protection des biens
individuels et
communautaires. Aucun
congolais ne devrait
être privé de ses
droits, aucun congolais
ne devrait plus imposer
sa loi à la nation et
seule la loi devrait
garantir le droit et les
libertés. Seules les
institutions
constitutionnellement
habilitées à légiférer
devraient nous produire
des lois et seules les
institutions habilitées
à dire et à interpréter
la loi devraient le
faire. Cela mettrait fin
à l’arbitraire et aux
conflits inutiles des
personnes et créerait un
environnement favorable
aux respect des autres
nations.
5. Congoboston
.Quel est votre avis sur
la politique menée par
le Président Joseph
Kabila dans la conduite
des choses de l’Etat au
Congo?
Mr. Sekimonyo:
Je ne suis pas le
premier observateur qui
admire l’attitude et le
comportement du
Président Kabila face
aux enjeux du moment. Il
encourage patiemment
l’équilibre des forces,
tient au respect des
institutions issues de
le Conférence de Sun
City, et proclame tout
haut que l’unique
échéance en face du pays
et qui lui tient à cœur
est l’organisation des
élections. Pour ce
faire, il mobilise la
communauté nationale et
internationale à
partager le coût des
élections et de leurs
préalables. Il s’adresse
au Gouvernement et au
Parlement en leur
demandant d’accélérer le
processus de prise de
décision afin que les
échéances soient
respectées, et il soumet
même à la Cour
Suprême de Justice des
questions dont il croit
n’avoir pas suffisamment
de clarté avant de
prendre des décisions. A
mon humble avis, en lui,
le pays a l’homme qu’il
faut à la place qu’il
faut.
Il parle de la paix et
la stabilité économique
au Congo:
6. Congoboston
.En ce qui concerne la
situation qui règne au
Kivu, quelle est la
position de votre
parti ?
Mr. Sekimonyo:
Les analyses qui suivent
reflètent plus mes
points de vue personnels
que la position du
Parti. Le PPRD, c’est le
Parti de Peuple pour la
Reconstruction et la
Démocratie. Les
Kivutiens font partie du
Peuple congolais et le
PPRD entend les associer
pleinement au pouvoir.La situation à laquelle
vous faites allusion a
des origines connues de
tous les congolais. Les
Provinces du Nord et du
Sud Kivu sont voisines
de deux pays dont la
géographie et
l’ethnographie
constituent un handicap
à la sécurité de leur
peuple et à leur
développement social et
économique. L’exiguïté
territoriale, la forte
densité démographique,
la hauteur de
l’accroissement naturel
des populations, les
rivalités ethniques font
de ces pays des espaces
d’instabilité latente et
d’émigrations
permanentes et
saisonnières. Leurs
populations se déversent
alors en Tanzanie, en
Ouganda et au Congo.
Comme partout au monde,
les peuples frontaliers
de ces trois pays
partagent la culture.
Les émigrés des deux
pays précités ont
tendance à se
sédentariser là
où vivent les
autochtones des pays
d’accueil avec qui ils
partagent l’essentiel
des coutumes et
traditions. Il résulte
de ces mouvements
migratoires une tendance
vers le déséquilibre
démographique qui crée
un malaise dans le chef
d’autres ethnies.
A cela
il fait ajouter la lente
intégration
socioculturelle des
immigrants et peut être
aussi certaines
attitudes qu’ils
importent de leur pays
d’origine. La réaction
d’autres ethnies a
d’abord été caractérisée
par un manque
d’acceptation, ensuite
par une intolérance et
enfin par une phobie qui
non seulement s’est
répandue sur les
immigrés mais
malheureusement aussi
sur les autochtones des
aires géographiques
couvertes par le
phénomène migratoire. La
frustration qui en est
résultée est
actuellement exploitée
par des forces qui sont
dérangées par l’idée
d’un Congo puissant,
paisible et prospère
surtout lorsqu’on sait
que la gestion de notre
pays l’a rendu
vulnérable à maints
égards. Les accords de
Sun City voulant
résoudre le problème
déplacent les repères de
la nationalité de 1885,
année de la tenue de la
Conférence de Berlin à
laquelle j’ai déjà fait
mention, à 1960, année
de notre indépendance.
C’est à mon avis une
amélioration car la mise
en application d’une loi
qui va dans ce sens
bénéficierait des
témoignages des
personnes qui étaient
présentes il y a un peu
plus de 40 ans.
Il ne
reste d’une part qu’au
Sénat de couler les
accords sous forme de
loi et de mettre sur
pied des mesures
d’exécution et d’autre
part au gouvernement
d’exécuter cette loi.
Mais une fois de plus, à
mon avis, cela ne suffit
pas car la loi étant
générale, elle
s’appliquera sans
distinction sur toute
l’étendue du territoire
congolais. Au Kivu les
séquelles de ce qui
s’est passé demeureront
pendant longtemps. Il
est souhaitable que la
loi s’applique à ceux
qui ont commis des
crimes pendant la guerre
mais cela ne mettra pas
fin aux phobies et à
l’intolérance. Il faut
amener les communautés à
s’accepter mutuellement.
C’est une nouvelle
culture à créer qui
suppose l’abandon des
instincts belliqueux et
de la haine viscérale
injustifiée. En plus de
chercher à établir qui,
selon la loi, est
congolais et qui ne
l’est pas, il faudra une
politique de migration
bien justifiée, des lois
claires et réalistes
sur les conditions
d’obtention de la
nationalité. Ne pas le
faire continuerait à
exposer immanquablement
le pays aux entrées
clandestines et aux
fraudes identitaires.
7. Congoboston
.Quels sont vos conseils
pour ramener la
stabilité économique, et
convaincre les
partenaires extérieurs
notamment les USA à
investir au Congo ?
Mr. Sekimonyo:
La stabilité économique
a comme préalable la
nature et la stabilité
des lois et des
institutions qui en
découlent. Il faut des
lois qui garantissent la
sécurité des biens et
des personnes, un
gouvernement pour les
mettre en exécution et
des cours et tribunaux
pour veiller à leur
stricte application.
Qu’il s’agisse des
nationaux ou des
étrangers, les
investisseurs sont comme
des gibiers prêts à fuir
dès la moindre alerte.
Parlant des américains,
lorsqu’ils se décident
d’investir, c’est
souvent en termes des
milliards de leur
dollars.Ils préfèrent
ensuite délocaliser la
production en allant
installer les usines là
ou se trouvent la
matière première et une
main d’œuvre moins chère
que la leur car ce sont
des capitalistes par
excellence qui a tout
prix veulent maximiser
le profit. Vous
comprenez qu’ils
exigeront des conditions
d’une paix durable, des
institutions
démocratiques, des lois
qui les protégent et
protégent leurs
investissements et des
infrastructures
permettant la production
et l’acheminement des
produits vers des
centres de consommation
ou vers d’autres chaînes
de production.
Les pays
qui réunissent ces
conditions sont entrain
de voir leurs économies
se développer avec une
vitesse vertigineuse. Il
y a en Afrique des pays
qui commencent déjà à
intéresser les
Américains. Allons donc
vite aux élections,
soutenons les
institutions issues de
notre constitution,
travaillons pour
arranger nos routes,
nos ports, ponts et
aéroports, notre réseau
de transport fluvial et
maritime et notre
système de
télécommunication,
disposons d’une banque
des données fiable et
moderne. Les ressources
humaines sont
disponibles car notre
démographie est déjà
caractérisée par des
concentrations urbaines
en expansion. Nos
établissements ont déjà
fait leurs preuves. Il
ne manque que des
opportunités pour
permettre a leurs
produits à se faire
consommer. Tous les
préalables posés peuvent
être considérés comme
durs, mais le peuple
congolais bien mobilisé
peut les remplir
dans un moyen
terme.Le « retroussons
les manches »aurait pu
les réaliser mais hélas!
Il a été vite détourné
en occasions d’oisiveté.
Son avis sur la
société et la culture
congolaises :
8. Congoboston
.Quelle est votre
opinion sur l'affaire
NGULU, le traitement
dénigrant et raciste
infligé aux congolais à
travers les pays d’Europe?
Mr. Sekimonyo:
Parlant du traitement
infligé à nos
compatriotes en Europe,
ils sont victimes des
préjugés qu’une longue
série des comportements
répréhensibles que les
congolais vivant en
Europe ont affichés. Il
n’est plus rare de
trouver sur un vol
d’avion français ou
belge à destination de
Kinshasa un ou plusieurs
congolais acheminés de
force à Kinshasa au
motif qu’ils ont commis
des crimes tout en
n’étant pas en règle
avec les services
d’immigration du pays
hôte. A mon humble avis
nous sommes entrain de
vouloir exporter sans
succès notre culture
d’impunité.
La situation
de l’Europe facilite ce
genre de comportement
avec un taux de chômage
élevé et une possibilité
de bénéficier d’une
caisse sociale ou l’on
peut puiser de quoi
soutenir la vie sans
travailler, ce qui n’est
pas imaginable aux USA.
Enfin, il y a cette
proximité qui fait que
l’Europe est devenue
facilement accessible
aux Congolais et que la
migration vers ces pays
n’est plus sélective.
Face à cette situation,
deux choses s’imposent à
savoir, convaincre
les européens que les
préjuges actuels ne sont
basés que sur des cas
dont la généralisation
devrait se faire
prudemment et éduquer
les congolais sur la
nécessité d’observer les
lois des pays qui les
accueillent. Chez nous,
nous plaignons que nous
avons accueilli des gens
qui ne respectent pas
nos lois. Il faut être
conséquent quand nous
nous retrouvons chez
autrui.
9. Congoboston :
Les sportifs, les
musiciens, et les
politiciens…du Congo
sont le reflet
aujourd’hui d’un “ça ne
va pas”. Y-a t-il une
autre voie, selon vous,
de redorer le blason du
nom de notre pays. Il
semble que du Zaire au
Congo, rien n’a
changé?
Mr. Sekimonyo:
Et pourtant plusieurs
congolais ont souvenance
des temps ou notre pays
était le roi du
football africain, nos
gouvernants étaient des
vedettes à travers le
monde, nos musiciens
faisaient la loi en
Afrique et en
Europe.Cependant qu’il
s’agisse du sport ou de
la musique, leur santé
est déterminée par la
sécurité du pays et la
prospérité de son
économie. Rien ne
devrait donc nous
étonner devant la baisse
de la qualité de nos
sportifs et
musiciens.Quant aux
politiciens,
c'est-à-dire des
personnes devant mener
le pays vers sa
destinée, il n’en manque
pas de bons, dévoués et
compétents.
Malheureusement, la
pauvreté, le chômage et
le niveau généralement
bas des salaires
entraînent même ceux qui
n’ont ni aptitudes ni
attitude de meneurs
d’hommes à opter pour la
carrière politique car
consideré etre la mieux
remunerée.
Et c’est là
que la médiocrité semble
se manifester. C’est une
fois de plus l’occasion
d’insister sur les
élections car si une
personne sait qu’ellel
doit rendre compte à
ceux qui l’ont
élue avant qu’ils ne lui
renouvellent leur
mandat, son comportement
sera dicté par les
aspirations de ses
électeurs, son âme et
conscience ainsi que les
impératifs de son parti
politique. Cela seul
suffit pour améliorer la
qualité de notre classe
politique. Ils sont
nombreux parmi nous qui
font des choix
simplement sur base d’un
poste à conquérir même
s’ils savent que ce
choix est mauvais pour
leur bonheur et pour le
bonheur du peuple. Alors
ils défendent
l’indéfendable et
attaquent
l’inattaquable. Le
peuple frustré garde
silence et attend
désespérement qu’on lui
donne l’occasion de
s’exprimer seul devant
les urnes. Que ce moment
arrive !
Il parle du PPRD et les
enjeux électoraux :
10. Congoboston
.Parlez-nous justement
des élections prochaines
au Congo, êtes-vous
optimiste en leur tenue,
et êtes-vous confiant de
les remporter?
Mr. Sekimonyo:
Il est vrai que les
vraies élections n’ont
eu lieu qu’ en 1960.
Depuis, les urnes ont
été manipulées et nous
nous y sommes habitués.
A la fin, la voie de
ces urnes a été même
oubliée. Nous avons crée
le mot magique de
transition et des
gouvernements de large
union nationale.
Aujourd’hui, nous
assistons à une
direction nationale
tellement partagée qu’il
faut des qualités
exceptionnelles pour
tenir les choses
ensemble. Ce qui est
aussi vrai, c’est
qu’actuellement il n’y a
plus de marge pour
d’autres manœuvres. Il
faut ou bien aller aux
élections ou alors
tomber dans la
désintégration.Or aucun
congolais n’aime la
désintégration. Pour
s’en convaincre il
suffit de constater
l’échec des théories
partitionnistes qui ont
été soutenues avec
acharnement dans les
grands salons de
l’occident au cours de
deux dernières
décennies.Des pays
convaincus que la
partition etait
souhaitéepar le peple du
Kivu ont investi
aveuglement dans cette
aventure. Aujourdui ils
maudissent ceux qui les
avaient lances dans ce
projet diabbolique.
Parlant des elections,
face aux enjeux des
celles-ci, les
politiciens font des
projections. Les uns
estiment qu’ils peuvent
accepter la compétition,
les autres estiment que
celle-ci ne peut être
qu’a leur désavantage.
Paniqués, ces derniers
hésitent et créent des
conditions de
tergiversation. Certains
seraient même prêts à
reprendre les armes si
les élections étaient
déclarées imminentes.
Non ! Il faut que nous
sachions que tous les
Partis politiques ne
gagneront pas les
élections. Il y aura des
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