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La faiblesse du système
aujourd’hui ne réside pas dans
l’organisation des élections qui
prévoirait de la tricherie mais
plutôt dans le chef des
congolais eux-mêmes inconscients
du pouvoir qui est le leur
aujourd’hui de porter un choix
sur le dirigeant de demain.
Donner sa voix est une lourde
responsabilité. Les décisions
secrètement prises dans
l’isoloir vont avoir une grande
influence sur l’avenir du pays.
Voter n’est donc pas un geste
banal. Pourtant très peu parmi
nos concitoyens en ont
conscience. On semble s’y
diriger sans un recul
suffisant.
SUR QUELS CRITERES VOTER?
QUELQUES PISTES ...
1. LE PASSE POLITIQUE
Un homme politique se juge par
son passé. En cette matière, les
conversions sont rares. Qui a
volé volera. Le politique
congolais a compris depuis belle
lurette que ses compatriotes
avaient la mémoire courte et
jugeait les hommes politiques
par leur présent : « Apesa atala
te ! ». Sinon comment expliquer
que des mobutistes dont
l’incurie n’est plus à démontrer
aient pignon sur rue sans que
des comptes leur soient demandés
? Comment expliquer que leurs
rejetons se présentent à
différents scrutins sans
qu’aucune allusion ne soit faite
à leur passé chargé?
Où ont-ils
trouvé l’argent pour une
campagne aussi difficile à
financer? Où ont-ils trouvé les
sous pour faire autant de
largesses? «Apesa, atala te!»;«Ayiba pe atala te» leur
répondrions nous. Nous voulons
savoir d’où vient cet argent.
Nous voulons savoir pourquoi
faire tant de largesses alors
que les fonctionnaires ne sont
pas payés. Pourquoi ceux qui
avaient du mal à trouver les
fonds nécessaires pour changer
le quotidien de notre font
preuve d’une soudaine créativité
quand il s’agit de se faire
élire?
Il est des candidats qui ne se
sont jamais illustrés dans des
œuvres palpables pour la
communauté. Ils se présentent
aujourd’hui en se disant
suffisamment riches. Ce qui
suppose qu’ils ne viennent pas
voler. Mais pourquoi feraient
ils de manière désintéressée ce
qu’ils n’ont jamais fait pour la
communauté ? Dix, vingt, trente
ans en Europe sans jamais songer
à ceux qui sont restés et
soudain on débarque pour
apporter la lumière …
2. LA PROBITE MORALE ET
INTELLECTUELLE
Le choix d’un dirigeant doit
évidemment tenir compte de son
degré d’honnêteté. Le mensonge
et les fausses promesses ont été
érigés en système de
gouvernement. Des accords signés
avec le sommet de l’Etat n’ont
pas été respectés. Le
fonctionnaire congolais connaît
bien le sort réservé aux accords
de Mbudi qui étaient censés
améliorer ses conditions de vie.
Votera-t-il pour ceux qui
apposent leurs signatures sans
que cela ne les engage? Le monde devient chaque jour
plus complexe et exigeant.
Diriger aujourd’hui dans un
contexte de mondialisation
nécessite une disposition
d’esprit apte à percevoir, à
comprendre et à anticiper les
changements géopolitiques,
économiques et culturels.
A moins d’être
exceptionnellement doué, sans
une formation solide, une
culture vaste, aucun leader ne
saurait apporter des réponses
adéquates aux questions de plus
en plus complexes qui se posent
et se poseront à notre société.
Voilà que notre pays à encouragé
la médiocrité intellectuelle
dans le chef de son leadership.
Il m’a été rapporté qu’un «
Shégé » notoire se serait
présenté à la députation
nationale. Certes le diplôme ne
préjuge en rien de la capacité
d’un homme à conduire son peuple
et il n’est pas rare que
l’espoir placé dans l’élite
intellectuelle soit déçu -
L’état de nos universités en dit
parfois long sur la faible
capacité mentale des professeurs
et autres enseignants –
néanmoins la formation est un
plus qui permet de mieux
appréhender les situations.
2. L’ESPRIT CRITIQUE
Le congolais avale tout et ne
critique rien. Il se comporte en
mouton de panurge prêt à suivre
le chemin qu’on lui montre même
s’il mène au précipice. Le
projet de société des différents
acteurs politiques n’est connu
de personne. On vote plus en
fonction des origines ethniques
ou en fonction du nombre des
cadeaux reçus. Ceux qui arrivent
de loin raconte des choses que
personne ne cherche à vérifier.
Des accusations gratuites, des
insultes et des quolibets fusent
de partout. On critique telle ou
telle décision du gouvernement
sans apporter la moindre preuve
de ce qu’on avance.
L’agressivité verbale fait
office de programme politique.
Le vrai débat est inexistant.
CONCLUSION
Le scrutin du trente juillet ne
sera pas parfait. Il est
pourtant le point de départ
d’une ère nouvelle. Désormais le
peuple choisira son chef. Après
cinq ans, il portera une évaluation
sur l’action de celui-ci et le
cas échéant portera une
sanction. C’est le plus
important. C’est le sens de la
vraie lutte que nous avons à
mener. S’assurer que désormais
c’est Nous qui choisirons et
châtierons.
Par
Magloire MPEMBI NKOSI
(c)
Congoboston Editorial Page,
August 2006
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